Choisir son mode de traitement
Désinfecter, c'est détruire bactéries, virus et algues. Il existe cinq grandes familles de traitement. Aucune n'est « la meilleure » dans l'absolu : le bon choix dépend du volume, du budget, du temps disponible et de la sensibilité des baigneurs.
| Traitement | Principe | Points forts | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Chlore (galets, granulés, liquide) | Désinfectant oxydant le plus répandu | Efficace, rémanent, peu coûteux à l'achat | Odeur si chloramines ; stabilisant qui s'accumule avec les galets stabilisés |
| Électrolyse au sel | Un appareil fabrique du chlore à partir d'eau légèrement salée (3 à 5 g/L) | Confort, automatisation, moins de manipulation de produits | Investissement, cellule à entretenir, corrosion possible des métaux, vidange encadrée |
| Brome | Désinfectant halogéné | Stable à haute température (spas), peu d'odeur | Plus cher, sensible aux UV en extérieur |
| Oxygène actif | Peroxyde d'hydrogène ou persulfate | Sans odeur, doux pour la peau | Peu rémanent : demande une grande rigueur, déconseillé par forte chaleur |
| UV / ozone (complément) | Désinfection par rayonnement ou ozone | Réduit fortement la consommation de chlore | Toujours associer un désinfectant rémanent |
Chlore : libre, combiné, choc, stabilisé
Le chlore libre est la part active. Le chlore combiné (chloramines) est du chlore qui a déjà réagi : c'est lui qui sent fort et pique les yeux. Le chlore choc (souvent du dichlore ou de l'hypochlorite de calcium) sert à remonter très vite le taux, après un orage, une forte fréquentation ou pour détruire les chloramines. Le chlore lent en galets entretient le taux au quotidien ; s'il est « stabilisé », il ajoute de l'acide cyanurique, qui protège le chlore du soleil mais finit par le bloquer au-delà d'environ 75 mg/L.
1 mg/L de chlore dans 1 m³ d'eau = 1 g de chlore actif. Un produit à 56 % de chlore disponible demande donc environ 1,8 g de produit par m³ pour gagner 1 mg/L. Faites le calcul avec notre calculateur de dosage.
Le pH, chef d'orchestre
Un pH trop haut (au-dessus de 7,6) réduit fortement l'efficacité du chlore, favorise le calcaire et trouble l'eau. Trop bas (sous 7,0), l'eau devient agressive pour la peau, les joints et les métaux. Le pH monte naturellement avec l'électrolyse et l'aération : un régulateur automatique est souvent le meilleur investissement d'une piscine au sel.
TAC, TH et stabilisant
- TAC (titre alcalimétrique complet) : capacité de l'eau à résister aux variations de pH. Repère usuel 80 à 120 mg/L. Se remonte au bicarbonate de sodium.
- TH (dureté) : teneur en calcium et magnésium, liée à l'eau du réseau. Une eau dure entartre ; un séquestrant calcaire aide.
- Stabilisant : utile en extérieur, mais il ne s'élimine que par renouvellement de l'eau.
Pour une piscine familiale, aucune valeur n'est fixée par la loi : les repères ci-dessous sont ceux couramment utilisés par la profession. À titre de comparaison, la réglementation des piscines collectives impose un pH entre 6,9 et 7,7 (ARS).
Mesurer : bandelettes, trousse, testeur
Les bandelettes sont rapides mais approximatives. La trousse à réactifs (pastilles DPD pour le chlore, rouge de phénol pour le pH) est plus précise. Le photomètre ou testeur électronique donne une valeur chiffrée fiable. Conseil : faites contrôler une fois par saison un échantillon en magasin spécialisé pour vérifier vos mesures.
Ne mélangez jamais deux produits. Versez le produit dans l'eau, jamais l'eau sur le produit. Attendez le retour à un taux normal avant de se baigner après un choc. Les désinfectants pour piscine sont des biocides (type de produit TP2) : leur usage est encadré par leur autorisation de mise sur le marché.
